14 octobre 2008
Très belle escapade pour finir en beauté...
Avec LUI
Pablo PICASSO
Que l'on aime ou pas PICASSO
c'est une merveilleuse exposition !
Je ne peux que vous inviter à y aller. C'est un véritable enchantement.
Ce fut un véritable grand bonheur d'admirer des oeuvres de différents maîtres, oeuvres venues de loin parfois, juste pour que nous, simples amateurs de belles peintures, nous puissions faire la comparaison avec l'oeuvre du maître Picasso.
(Sous l'oeil narquois des statues, une file de deux heures d'attente peut-être [je n'avais pas réservé par le net] mais cela n'a pas de prix pour cette exposition exceptionnelle)
Edit du soir 20h40
Je n'ai fait que le Grand Palais, pour... si je me souviens bien... 198 oeuvres à voir. Elles sont très bien disposées et surtout dans un espace suffisamment grand. J'ai pu ainsi regarder à mon aise les tableaux de très très près (de façon à bien noter le sens des différents coups de pinceaux), et, cela sans être gênée par les autres visiteurs... ni les gêner pour autant. J'ai pu tranquillement observer à moins de 20 cm les oeuvres dans les vitrines. Bravo pour l'organisation.
05 septembre 2008
Après les chales de gaze ...les turbans
Bien sûr il y eut ceci
Mais aussi
Miniature La duchesse d'Orléans d'après un tableau de Mme Vigée Le Brun
Autoportrait de Mme Vigée Le Brun 1795
Portrait de La duchesse de Guiche par Mme Vigée Le Brun 1794
Miniature Femme au turban de José Udias Gonzales 1833
La femme au turban de Girodet Musée de l'Ermitage 
Miniature de Lorentz Sparrgren Femme au turban 
Miniature Femme au turban de Josef Grassi
Miniature de Michael Theweneti Femme au turban 1820
Miniature de Giuseppe Tresca Femme au truban
Portrait de Giuseppina Grassini ds le rôle de Zaire par Mme Vigée Le Brun 18°5
Miniature Mme Récamier par Jean Baptiste Jacques Augustin1800
Miniature de J.B. Isabey Femme au turban 1830
Miniature d'après un portrait de la baronne de Staël-Holstein de Marie Victorine Jaquotot 1816
Miniature de G de Carbonel Femme au turban 1835
Miniature Femme au turban de Rudolph Lange 1839
Aristocrate au turban de F.X. Winterhalter 1830
Que certaines coiffes étaient belles en ce temps là.
Il y eut aussi, façon Largillière,
celle de "La belle Strasbourgeoise".
Un peu plus encombrant pour passer les portes !
Serait-ce la preuve que j'aime les chapeaux ?
Et bien oui, on ne peut rien vous cacher !
L'occasion d'aller voir des coiffes anciennes bien que plus proches de nous
sur ce site. On vous propose sur le listing à droite : 27 chapeaux et 20 coiffes.
03 septembre 2008
Autre rose,... autre diva
Mademoiselle
Rosalie Catherine Duthé

Rosalie Duthé par Claude Jean Baptiste Houin d'après le Musée Fine Arts Boston
(Attention il se pourrait que cette attribution soit fausse et que ce soit Mme Anne Rosalie Bocquet épouse Filleul, amie d'enfance de Mme Vigée Le Brun, elle même pastelliste dont on connaît surtout le tableau des enfants du comte d'Artois qui se trouve à Versailles. Mais comment le savoir avec exactitude après tant d'années !)
Rosalie Duthé par Dumont
Elle fut une des plus belles femmes et courtisanes du temps de Marie-Antoinette.
N'a-t-elle pas eu parmi ses nombreux amants plusieurs princes du sang dont le duc de Chartres, le duc de Bourbon mais aussi le roi du Danemark et le prince de Nassau.
On comprendra alors l'engouement des peintres à son égard.
Elle sera le modèle de La Tour, de Greuze, de Fragonnard, de Van Loo, de Hall, de Drouais, de Lemoine, d'Augustin, de Danloux, de Perrin-Salbreux dans différentes tenues (habillée et déshabillée !)
Durant toute sa vie elle sera vêtue de rose : des robes aux rubans et jusqu'aux coiffures, ce qui lui allait fort bien du fait de l'extrème blancheur de sa peau.

Rosalie Duthé par Pierre Adolphe Hall
Notre Catherine Rosalie Gérard de son vrai nom est née à Versailles en 1748 où son père avait un petit emploi au château, elle fut baptisée dans la paroisse St Louis. Appartenant à la petite bourgeoisie elle fut néanmoins élevée au couvent de Saint-Aure rue Lhomond à Paris. Dès l'âge de 15 ans elle fut confiée à une tante riche et originale, plus connue sous le nom de Mme Duval officiellement modiste mais en réalité entremetteuse de luxe !
Miniature Mlle Duthé par François Dumont vers 1775-1780
Cette brave tante avait une clientèle huppée et jouissait non seulement d'une certaine considération mais aussi de la protection plus qu'intéressée du ministre Sartine. Connaissant les deux demoiselles de Verrières, soeurs, protégées et maîtresses du maréchal de Saxe, la tante forma et guida sa jeune protégée Rosalie dans la haute galanterie.
(Les deux cousines de Rosalie Duthé, Mlle Quincy et la fameuse Carline de l'Opéra Comique suivirent également le même chemin de galanterie et eurent comme amants des princes du sang.)
Rosalie Duthé par Jacques Antoine Marie Lemoine
Catherine Rosalie apprit à taire les élans de son coeur pour mieux simuler et séduire. Elle apprit le chant et la comédie sur le théâtre privé des demoiselles de Verrières à la Chaussée d'Antin où la fine fleur de la noblesse, les financiers, les hommes de lettres disaient "aller se faire égorger" chez les veuves de Monsieur le maréchal de Saxe. (égorger = allusions aux grandes dépenses qu'on y faisait)
Lorsque notre jeune Catherine Rosalie eut 17 ans ce fut l'archevêque Monseigneur de Dillon, ayant très bon goût, qui devint son protecteur attitré.

Rosalie Duthé par François Dumont
Il lui fit donner des leçons de chant et de danse. Sitôt formée elle entra sous le nom de Rosalie Duthé dans le bordel de luxe de Madame de Saint Etienne ("l'appareilleuse" comme on disait à l'époque). Là, elle rencontra le fermier général Hocquart de Montfermeil lequel la fit "emmagasiner" càd admettre dans les choeurs de l'Opéra. En remerciement,... il la trouva par hasard dans les bras du chevalier de Létorière, officier aux gardes françaises !
Voltaire rappelant que le mot Opéra en italien veut dire deux choses "oeuvre" et "affaire" nommera à juste raison ces demoiselles de l'Opéra subventionnées par des fermiers généraux "les demoiselles d'affaires" ! Elle fut tout d'abord figurante sous le nom de scène de Mlle Rosalie.
Rosalie Duthé par J.H Fragonard Coll Thyssen Bornemisza Madrid
Notre jeune Rosalie était loin d'être sotte et sut conduire sa vie de courtisane avec habileté et discernement. Dès ses premiers cachets touchés elle emménagea dans une élégante maison rue Saint Pierre de Montmartre. Prenant toujours exemple sur les soeurs Geneviève et Marie Rinteau de Verrières elle fit de sa maison le rendez-vous d'hommes brillants et de gens de lettres tels Diderot, Gentil Bernard, Marmontel et Dorat qui lui firent tous la cour.
Ce qui lança Rosalie ce fut sa rencontre avec le duc de Chartres futur Philippe Egalité qu'elle aurait dépucelé au cours du mois de mars 1766. Ce dernier volant vers d'autres bras lui laissa une rente viagère élevée.
"Depuis que M. le duc de Chartres a donné son pucelage à la demoiselle Duthé dite Rozalie figurante à l'Opéra tout le monde s'empresse à lui faire la cour .... M. le duc de La Trémoille s'en est chargé, M. le comte de Durfort comme agent secret du prince en est bien traité ainsi que M. le chevalier de Clermont et jusqu'à la finance s'en mêle : M. de Blagny mardi dernier a sacrifié ving-cinq louis pour faire une passade avec elle. Cependant cela est fini avec M. le duc de Chartres"
Comme on le voit, elle avait l'embarras du choix et ne s'intéressait qu'à ceux qui pouvaient suivre ses tarifs vertigineux. Elle avait tant d'argent qu'elle put s'offrir le luxe de commander son portrait par Maurice Quentin de La Tour dont les tarifs étaient eux aussi très élevés. Greuze la représentera en Flore tandis que le tableau ovale de Fragonard, visible à Madrid dans la collection Thyssen, représente son portrait une fleur dans les cheveux et un châle de gaze sur les épaules.
Rosalie Duthé par L.L. Perin dit Perin-Salbreux Musée de Tours
Lorsque le roi Christian IV de Danemark est venu en France en 1768 il demanda à rencontrer Rosalie Duthé dont on lui avait vanté la beauté mais aussi les talents d'amoureuse. Dès 1771 elle emménagea dans un logement encore plus somptueux rue Neuve Saint Eustache dans le quartier des Halles.
Le vieux roi Louis XV était ravi de lire les commérages des rapports de police sur Mlle Duthé. Il avait ainsi la longue liste des amants de Rosalie Duthé que l'on disait insatiable. Il y eut en effet : Le marquis de Genlis avec qui elle restera amie, le duc de Durfort qu'elle trompa avec un polonais le comte Matowsky, un certain Lannus bordelais de son état, le prince Conti. A changer chaque jour d'amant et de carrosse elle dut se faire oublier en partant pour l'Angleterre en 1777, où, bien sûr, elle ruina deux ou trois milords tout comme le prince de Galles.

Rosalie Duthé Miniature388 du Musée du Louvre attribuée à Heinsus puis à Labille-Guiard
Revenue à Paris, elle se fit peindre par Drouais de manière à ce que tous puissent admirer sa beauté (tableau que l'on peut voir à Londres dans la collection Rothschild).
Rosalie Duthé par F.H. Drouais 1768 Coll. Rothschild Londres
Un tel tableau ne put laisser insensible le comte d'Artois qui en tomba follement amoureux. Leur liaison dura précisément du 23 juillet 1775 au 3 février 1776. Pour elle il dépensa des sommes folles (près de 80.000 livres de bijoux) et donna une fête nocturne dite "scène pastorale semi-aquatique". Le frère du roi était si épris que :
"Chaque soir, il venait la suivre dans les allées du Palais-Royal, affichant ainsi publiquement une passion qu'il aurait dû voiler par égard pour son rang."
En 1773 le comte d'Artois futur Charles X, troisième petit fils de Louis XIV s'était marié avec Maie-Thérèse de Savoie, seconde fille du roi de Sardaigne. Malheureusement la mariée n'était pas très belle, aussi le comte s'empressa-t-il de très vite se consoler dans les bras de Mlle Duthé ce qui permit à ce bon mot de courir le tout Versailles :
« Le prince, ayant eu une indigestion de gâteau de Savoie, vient prendre du Thé à Paris. »
Le peintre Périn protégé par le comte d'Artois fit également le portrait de Mademoiselle Duthé dans différentes tenues, un de ces tableaux se trouve au Musée des Beaux Arts de Reims (voir ci-dessous).

Rosalie Duthé par Périn-Salbreux Coll. Particulière
Délaissée par le comte d'Artois, Mlle Rosalie Duthé partit à nouveau pour Londres refaire sa vie mais revint très vite en France encore plus riche que jamais ! Devenant la voisine de son ancien amant puis ami le financier Hocquart de Montfermeil (qu'une autre demoiselle de l'Opéra, Mlle Laguerre, ruinait tranquillement) elle prit un hôtel particulier à l'angle des rues d'Antin et Saint-Lazarre qu'elle fit décorer par des panneaux de Van Spaedonck et sur lesquels figuraient des roses, myosotis, des colombes, des cygnes, des carquois, des flèches.
Ces deux demoiselles de l'Opéra posèrent alors ensemble pour le peintre Campana à la demande de ce brave Hocquart qui put ainsi admirer les deux femmes qu'il préférait.
Elle fréquentera les soirées libertines données par Mlle Guimard, le duc de Chartres ou le duc de Lauzun. Puis juste avant la révolution en 1786 elle partit pour Londres avec un anglais lord Byng. En Angleterre elle eut également une liaison discrète avec un membre du parlement Monsieur Lee.
Portraits de Mlle Duthé par Périn, par Augustin, par Lemoine, par Périn
Comme Mme du Barry, Rosalie Duthé revint à Paris en 1792 pour obtenir sa radiation de la liste d'émigration ce qu'elle obtint le 20 décembre 1792. Apprenant la condamnation du Roi elle exprima un peu trop fortement sa colère et son désespoir si bien que pour sauver sa tête elle dut partir rapidement pour Londres.
Quinze ans plus tard, à la Restauration, en 1816, elle revint où elle reçut à nouveau comme avant dans son salon royaliste de la rue Basse du Rempart encore une foule d'admirateurs parmi lesquels le fidèle Louis Henri Joseph prince Bourbon-Condé. Presque aveugle, elle mourut à l'âge de 82 ans le 24 septembre 1830 laissant une fortune de 600.000 fr. Elle fut enterrée au cimetière du Père-Lachaise, et à sa demande un arbre fut planté sur sa tombe.
Rosalie Duthé à 44 ans en 1792 par H.P. Danloux
Ainsi vécut cette rose, Rosalie, toujours de rose vêtue, cette diva du XVIII ème siècle
Portraits de Mlle Duthé par Vigée Lebrun, G de Saint Aubin, Frédéric Schall (Là aussi ?) , Danloux
29 août 2008
Merci
Alors que mes billets s'affichaient
j'étais sans ordinateur
dans ma Bulle
dans mon Ile
dans mon Sud.
Watteau
L'embarquement pour Cythère - Musée Charlottenburg - Berlin
Le pélerinage à l'île de Cythère - Musée du Louvre - Paris
A toutes
Merci
pour vos commentaires.
Mme de Pompadour par Jean Siméon Chardin
Dès ce soir,
moi aussi, je vais tremper ma plume
pour vous répondre.
29 juillet 2008
L'été c'est aussi
L'été
Un coin de fraîcheur
Une promenade en barque
Une baignade
Un bord de Marne
27 juin 2008
Carnets de voyages - Carnets de dessins
Comme je ne peux rester très longtemps sans parler dessin ou peinture,
Voici,
Un peu de ma région
Dans les carnets de dessins de l'arrière grand-père de mon époux !
Fermes près du lac d'Issarlès
Par quel hasard suis-je venue enfant dans cette région que j'aime tant comme si j'y étais née ,
y ai-je acheté une résidence secondaire
et
ai-je marché dans les pas de cet homme avant même de découvrir ses carnets de dessins
? ! ?
Nous avons tant d'autres points communs,
c'est fou !
03 juin 2008
Le château d'Antraigues à deux pas de chez moi
Un lieu qui me ramène à
ANNE ANTOINETTE SAINT-HUBERTY
Une cantatrice au service de Marie-Antoinette
"Celle-ci n'était pas une jolie femme. Elle n'avait ni les beaux yeux, ni la noblesse svelte de Sophie (Arnould). Mais son visage était ravissant de physionomie et d'expression"
Mémoires de Mme Vigée Le Brun
Pastel d'Antoinette Saint-Huberty par Mme Vigée Le Brun en 1782
Née le 15 décembre 1756 à Strasbourg, Anne Antoinette Clavel, fille d'un musicien du théâtre de Strasbourg pensionné par l'Electeur de Bavière, montra de réelles dispositions pour le chant lyrique. Grâce à lui elle parcourut l'Europe et c'est à Varsovie qu'elle rencontra le compositeur Jean-Baptiste Moyne dit Lemoyne qui compléta son éducation musicale. Elle fut alors sous la protection de la princesse Lubomirska. De retour en France elle débutait à peine sur le théâtre de Strasbourg qu'elle était remarqué par le chargé d'affaire et rabatteur de jolies dames du prince Henry de Prusse. Il lui offrit un emploi au théâtre de la cour à Berlin où elle le suivit et l'épousa en 1775. Lassée des violences conjugales, des faillites de Monsieur Croisilles de Saint-Huberty son époux, elle le quitte lui et sa troupe. Elle quitte aussi la ville de Varsovie où elle se produisait pour gagner rapidement Paris.
Là, le grand compositeur Gluck l'engagea dans l' "Armide", puis lui fit obtenir une place à l'Académie royale de musique. Le mari de notre cantatrice y obtiendra le poste de garde-magasin! En novembre 1780, Gluck lui confiait le rôle d'Angélique dans le "Roland" de Piccini et l'année suivante elle conquérait la faveur du public dans "Iphigénie en Tauride" et "Ariane à Naxos".
Les deux divas de l'Académie, Mlles Levasseur et Laguerre, étant sur le déclin notre étoile montante devint indispensable et la première cancatrice en titre, obtenant 8000 livres de traitement sans les feux, plus une pension de 1500 livres et un congé annuel de deux mois du fait de la protection particulière de Louis XVI.
Notre cantatrice en 1781 réussit à faire prononcer l'annulation de son triste mariage et fait envoyer son ex mari en province sous bonne escorte. Elle devint alors une artiste en vue sous le nom de scène de Mme Saint-Huberty son ancien nom de femme mariée mais sans la particule.
Un des 3 exemplaires passé en vente publique du portrait d'Anne Antoinette Saint-Huberty gravé en couleurs par Janinet, de la série "Costumes et Annales des Grands Théâtres de Paris" éditée de 1786 à 1789
C'est alors que les portraitistes se mirent à s'intéresser à elle.
* Mme Vigée Le Brun passionnée de musique et de chant peignit son portrait au pastel en 1782.
* Puis Mme Vallayer-Coster l'immortilisa dans le rôle de Didon en 1785 (toile qui fut achetée en 2001 par le Metropolitan Museum of Arts de New York). Cet opéra de Marmontelet Piccini fut créé à Fontainebleau en l'honneur de Marie-Antoinette. La cantatrice, en reine de Carthage, y parut les cheveux épars, les pieds et les jambes nus, la tunique attachée sous le sein découvert, ce qui étonna la cour. Ce portrait eut un accueil mitigé au salon de 1785.
* Jacques-Antoine-Marie Lemoine fit un portrait très séduisant de la cantatrice au point qu'il fut aussitôt gravé en couleurs par Janinet.
* Bernard de Luneville fixa à son tour son profil par la technique de la main levée comme il l'avait fait pour la reine et les princesses du sang.
Gravure de A Colinet d'après le dessin de Lemoine représentant Antoinette de Saint-Huberty
Devenue la maîtresse du libertin marquis de Louvois, elle s'éprit ensuite du comte Turconi, riche gentilhomme italien, qui lui offrit le château des Forges à Groslay dans la vallée de Montmorency où elle demeurait l'été. Devenue riche elle acquit une villa à Neuilly. Le reste de l'année elle vivait entre Paris et Auteuil y menant grand train.
En 1785 elle fait une tournée de 23 représentations dans le Midi de la France où l'on remarquera son goût du luxe. A Marseille, à une fête sur l'eau à laquelle elle parut en Cléopatre couronnée de rose et de jasmin, trônant sur une galère dorée et enguirlandée de fleurs, entourée d'une flottille de 200 adorateurs éperdus !
A son retour de Marseille elle posa pour :
* Joshua Reynolds qui la peignit en costume de scène.
* Louis Roland Trinquesse compatriote de Pierre Paul Prund'hon qui la représenta dans son rôle d'Iphigénie en Tauride (tableau exposé au Salon de la Correspondance en 1785) puis en 1791 en Iphigénie en Aulide
* Puis pour un dessin de Dutertre, et un dessin de Levacher de Charnoy et enfin en 1781 par Lucas de Montigny.
* Les miniaturistes Gabrielle Capet, François Dumont et Adolphe Hall firent son portrait à la veille de la révolution.
Antoinette Saint-Huberty dans le rôle de Didon par A. Vallayer-Coster 1785
(Cliquez sur les photos pour les agrandir)
A la veille de la révolution elle vivait très souvent dans une magnifique villa à Mendrisio à la frontière italio-suisse. En avril 1790 elle prend peur, quitte Paris, l'Opéra et sa maison de Groslay, demande un passeport pour la Suisse où elle rejoint à Lausanne son amant Emmanuel Louis-Henri de Launay comte d'Antraigues (né le 25 décembre 1753 à Montpellier, neveu de François Emmanuel de Guignard comte de Saint-Priest ministre de Louis XVI, il fut également l'ami de Jean-Jacques Rousseau), ardent partisan de la révolution en 1788, théoricien de la contre-révolution en 1789, envoyé à l'Assemblée nationale par la noblesse du Bas Vivarais mais qui sous prétexte d'un séjour en Suisse pour le rétablissement de sa santé, avait quitté la France où des brochures d'opposition l'avaient un peu trop mis en lumière.
Les amants vécurent à Mendrisio chez le comte Turconi et cela se termina par un mariage secret le 29 décembre 1790 régularisant ainsi une situation vieille de sept ans.
Notre cantatrice devenue comtesse d'Antraigues, dite la "comtesse Amélie", en 1792 par des voyages incognito où comme artiste pouvait aller et venir à sa guise, favorisa la correspondance échangée entre son mari (devenu agent de la cour d'Espagne) et le comité secret des Tuileries. Son mari chef des services secrets royalistes dirigeait les informations qu'il recevait de ses agents secrets de Paris vers l'Espagne, l'Angleterre, le Portugal et la Russie. Il est fort probable qu'elle fut chargée de courriers de la reine qui avait appuyé ses débuts et aurait ainsi apporté à la famille royale des messages de l'émigration.
En 1792 la comtesse d'Antraigues donnait naissance à un fils près de Milan. Elle vivra de 1753 à 1796 à Mendrisio. Lorsque les français entrèrent à Venise le comte d'Antraigues qui était depuis deux ans attaché au Consulat de Russie partit avec sa famille pour Trieste en mai 1797 où ils furent arrêtés sur les ordres de Bernadotte. La comtesse d'Antraigues sollicitera alors Joséphine Bonaparte pour que son mari soit libéré et vendit les diamants qui lui restaient.
Au mois de juillet suivant le couple part pour Dresde, là le comte d'Antraigues et son fils reçoivent l'ordre royal de Constantin et une pension de la part du roi des Deux Siciles.
Le voyage a continué vers Vienne où le 16 juin 1808 l'ex Madame de Saint-Hubert devenue comtesse d'Antraigues recevait de l'Empereur d'Autriche confirmation d'une pension de mille ducats en mémoire des services rendus comme surintendante de la musique à feue sa Majesté Marie Antoinette de France.
Puis vint le séjour à Leipzig où le comte d'Antraigues proposa ses services au tsar Paul 1er de Russie qui les accepta. Antoinette comtesse d'Antraigues chantait encore dans les cercles privés et écrivit à cette époque une nouvelle en allemand "Ernesta".
Dans l'aisance à nouveau le couple fuyant les armées françaises partit pour l'Angleterre. La cantatrice se produisit encore à titre privé dans les salons de l'aristocratie. Sur le perron de leur maison de campagne à Barnes-Terrace dans la banlieue sud ouest de Londres, elle et son mari furent assassiné à l'arme blanche par Lorenzo leur domestique italien qu'ils avaient renvoyé le soupçonnant de livrer à Foucher pour Napoléon la correspondance politique du comte. Ce domestique était probablement à la solde des services secrets anglais. Le gouvernement anglais mis la main sur tous les documents confidentiels originaux et la correspondance politique que le comte avait conservé depuis le début de la révolution.
Il y avait entre autres
un codicille secret du testament de Louis XVI,
dans lequel le roi aurait dévoilé que son frère avait trahit la cause royaliste et ne devait pas lui succéder au trône de France,
document remis à Malesherbes (juriste et botaniste) dernier avocat du roi, qui le transmettra à son amie et confidente Mme Blondel née Sabine Francès, qui à son tour le transmettra par l'intermédiaire du chevalier Sandrier des Pomelles (qui viendra en Suisse en 1795) à son neveu le comte d'Antraigues.
Une copie de ce codicille écrite par François Hue (officier de la chambre du roi qui restera attaché au service de la famille royale au Temple) et corrigée de la main de Louis XVI, fut elle aussi envoyée hors de France.
Il y avait également les clauses secrètes du traité de Tilsitt.
Une partie de ces documents furent restituée aux Bourbons, une autre au fils du comte d'Antraigues tandis que le ministre anglais Castlereagh, directeur des services secrets britaniques, gardait le reste.
* * *
Occasion pour moi de mettre dans ce billet
une photo d'une miniature proposée à la vente publique
comportant un portrait de Marie Antoinette
Miniature d'après un portrait de Marie Antoinette d' Anna Vallayer-Coster de 1788
30 mai 2008
PHOTOMATON
POUR CETTE DAME DE FONTEVRAULT
28 mai 2008
Avec cette exposition HOKUSAÏ
Comme je ne sais à quelle heure vous lirez ce billet vous aurez droit à tous les "Bonjour" en japonais.
La correspondante japonaise de notre fils rirait bien en lisant ce billet !
Bonjour (au réveil, le
matin)
Ohayô
Bonjour (de bonne heure, très
poli)
Ohayô
Gozaimasu
Bonjour
Konnichiha
Salut (bonjour)
Dômo
dômo
Salut (le matin, familier,
entre garçons) Yô
Bonjour (le soir,
bonsoir)
Konbanha
Depuis l'ouverture du Japon à l'Occident en 1868 ce pays n'a cessé de fasciner le monde (et moi et moi ) par son originalité (association de tradition et de modernité).
Nos grands Maîtres du XIX ème siècle
Toulouse-Lautrec, Manet, Cézanne, Gauguin, Van Gogh et Monet
ayant été fortement influencés par la mode de l'Art Japonais connue sous le nom de "Japonisme"
avec des peintres tels qu' Utamaro Kitagawa, Hokusaï Katsushika et Hiroshige Ando
cette exposition sera un tremplin à de nombreuses comparaisons.
Katsushika Hokusaï
(1760-1849)
***
Claude Monet (1840-1926)
("Monet ne fit jamais du japonisme!" aux dires de Mirbeau)
Henri de Toulouse-Lautrec (1864-1901)
Edouard Manet (1832-1883)
Mais aussi
Benjamin Jean-Pierre Henri Rivière (1865-1951)
Henri-Charles Guérard (1846-1897)
Cliquez sur les photos pour les agrandir
A toutes et tous "Merci" de votre passage sur mon blog
Au japon les "Merci" les plus longs étant les meilleurs
j'en ajoute une dose
Merci
Dômo
Merci
Arigatô
Merci
Dômo Arigatô
Merci beaucoup
Arigatô Gozaimasu
Merci beaucoup (très
poli)
Dômo Arigatô
Gozaimasu
Merci beaucoup (du fond du
coeur)
Hontôni
Arigato
Van Gogh et le japonisme
Tout comme Monet, Vincent Van Gogh collectionna les estampes.
Il eut en sa possession plus de 400 estampes japonaises.
Voici 3 estampes de sa composition.
Le prunier en fleur d'après celui Hiroshige (1887) Musée Van Gogh Amsterdam
(Les caractères sino-japonais de Van Gogh sont fantaisistes)
Le prunier en fleurs, Xylographie de la série "Cent vues d'Edo" par Hiroshige de 1856-1858
Hiroshige (1797-1858) Musée Guimet Paris
La Courtisane (1887) Musée Van Gogh Amsterdam
Cette gravure ayant été inspiré par la couverture du Paris Illustré consacré au Japon sur laquelle figure la reproduction d'une xylographie de Kesaï Eisen Ikeda ( 1790-1848) de la série des "Courtisanes"
et par cette autre page de ce même Paris Illustré de mai 1886 consacré au Japon où figure les roseaux d'un peintre inconnu
Le pont sous la pluie d'après celui Hiroshige (1887)
Musée Van Gogh Amsterdam
Sous la pluie d'Hiroshige de la série "Cent vues d'Edo"
Musée Guimet Paris
Le Père Tanguy (sur fond d'estampes)
Athènes collection Stavos S. Niarchos
Il est intéressant de noter que les personnages japonisants sont tirés de Toyokuni III (Kunisada Utagawa) pour le personnage de gauche, Hokusaï pour les fleurs, d'Hiroshige avec les vues d'Edo de la série "Toto Meisho" de 1850 et enfin de Toyokuni III pour l'acteur de rôle féminin en bas à droite.
Autre tableau "Le Père Tanguy" sur un autre fond d'estampes






























































