Le petit carnet de Maxence

Le temps s'écoule entre déco & jardin

04 février 2009

Prenez votre souffle,... c'est long !

Nantes_camellia
Cliquez dessus pour agrandir

Laissons les Camélias de Nantes, et
à nouveau embarquons nous vers un pays lointain aux fleurs merveilleuses.

En attendant le plaisir de profiter de leur floraison dès les premiers jours de mai jusqu'à fin juin
autant connaître l'histoire d'un missionnaire botaniste
attaché à leur nom.

Les Pivoines et l'abbé Delavay

Bien sûr, dans leur pays d'origine, la Chine, les pivoines étaient cultivées, sélectionnées depuis presque la nuit des temps. Elles faisaient même l'objet d'un véritable culte.

pivoine_1
La pivoine ou SHO-YO ou la belle
symbolisait la féminité épanouie.
Pour profiter au maximum de l'épanouissement de la fleur on allait jusqu'à la protéger des ardeurs du soleil sous de petits dais de bambous, usage sûrement encore en cours au Japon.
( Jean Claude du blog Un Français à Tokyo (gaijindetokyo) LA pourrait peut-être nous le confirmer)

En fait, dès le VIII ème siècle, durant la dynastie des Tang (618-907), la collection impériale de pivoines faisaient l'objet d'une telle vénération que l'empereur Hiuan Tsong (713-756) avait fait construire tout un pavillon de bois odorant uniquement pour pouvoir les contempler à son aise.
Comme pour la Tulipe sous Soliman le Magnifique, pour la Pivoine en Chine des régions entières étaient consacrées à sa culture.
La Tulipe était l'emblème de l'empire Ottoman, en Chine, la Pivoine ne pouvait être l'objet que d'une passion d'origine divine.

En 1797, notre français André Thouin, jardinier en chef du Jardin des Plantes de Paris plantait les premières graines de pivoines de Chine. Graines envoyées par Sir Joseph Banks qui, souvenez vous, acclimatait toutes les plantes ou graines en provenance du monde entier dans ses jardins de Kew.
Les jardins anglais de Kew, dès 1789, avaient eu la chance de recevoir de Canton (Chine) la première pivoine,
à fleur double, à coeur pourpre mais rose pâle en périphérie. Elle avait été baptisée pivoine Moutan d'après le nom chinois (Muh-Tang) des collines de la province Ho-nan (Henan) de Chine centrale d'où elle était originaire.
province_de_Ho_Nan_ou_Henan_en_Chine

Les premières pivoines introduites en Europe étant très éloignées des pivoines sauvages,... et, c'est ce type que les premiers botanistes qui parcoururent la Chine au XIX ème s'attachèrent à découvrir.
Parmi les plus actifs de ces chercheurs nous eûmes le privilège d'avoir
un Français
un Père des Missions Etrangères,
Jean Marie Delavay
né aux Gets en Haute Savoie en 1834.
coq_2

Donc, dès son arrivée sur le lieu de sa mission dans Kouang-tong au sud de la Chine, il s'employa à récolter toutes les plantes nouvelles qu'il découvrait. Ce missionnaire depuis toujours avait eu une véritable vocation de naturaliste mais sa modestie faisait qu'il les remettait au botaniste voyageur anglais HF Hance.
Voyant que toutes ces découvertes qui auraient dû revenir à la France partaient vers l'Angleterre, un autre missionnaire botaniste chargé de mission en Chine par le gouvernement français s'en émut. Le Père Armand David fit en sorte que désormais le Père Jean Marie Delavay expédierait directement toutes ses découvertes au Muséum de Paris.
En 1881 notre brave missionnaire fut alors affecté dans une nouvelle région le Yun-nan occidental (Yunnan) avec de hautes montagnes prolongeant à l'est l'Himalaya.
Yunnan_Chine
Dans des vallées existait une végétation tropicale tandis que sur les sommets se trouvait une flore qui ressemblait à celle de la Haute Savoie, terre d'enfance de Jean Marie. Les mêmes genres y étaient représentés avec des quantités d'espèces jusqu'à 20 fois plus considérables. Chez nous, deux espèces de rhododendrons, là bas plus de 100 !
Notre missionnaire multiplia les expéditions et gravit plus de 60 fois l'équivalent du mont Blanc du Yunnan càd le Heechanmen (3000m d'altitude).
Les collections qui parvinrent au Muséum firent l'admiration car sur 200.000 espèces plus de 3.000 étaient totalement inconnues avec parmi elles:
des rhododendrons, des clématites, des gentianes, des primevères, un sapin et un magnolia.
En 1884,
Jean Marie Delavay découvrit à 3500 mètres d'altitude, près du glacier de Likiang,
abritée des vents derrière un rocher,
une pivoine .
Ses fleurs aux larges pétales d'un rouge cramoisi s'ouvraient sur un coeur formé d'innombrables étamines couleur or.

La première pivoine sauvage venait d'être trouvée en Chine par un Français, cent ans après l'introduction de la pivoine Moutan.
On ne pouvait faire autrement que de la baptiser Paeonia Delavayi !
coq_1

Je sais, j'ai tendance à faire Cocoricooooo avec les botanistes français.

Voir Là (Mes arbustes du Pays du Soleil Levant)

En quelque sorte une médaille bien avant les Jeux Olympiques à Pékin 

Jean Marie Delavay en 1892 devait découvrir encore une autre pivoine sauvage. Celle-ci avec des fleurs jaune d'or et un feuillage sombre fut la Paeonia Lutea.

C'est à partir de cette espèce que notre célèbre horticulteur de Nancy, Victor Lemoine, créa des hybrides les Paeonia Lemoinei qui dès 1909 commencèrent à embellir nos jardins.

Pivoines

Si vous désirez en savoir plus sur le Père Jean Marie Delavay

cliquez sur ce lien

http://www.rhododendron.fr/articles/article18a.pdf

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28 janvier 2009

Il y a peu, pour les fêtes de fin d'année j'étais à Luçon.

A tous les coups vous allez dire : "Mais ! Si nous avons bien lu ses derniers billets... elle était dans le sud !?!" Et oui en ce moment j'ai la bougeotte. Noël à la maison, fin d'année à Nantes, nouvelle année à Luçon, épiphanie à Nice, une semaine à la maison et à nouveau Nantes où je garde petit-fils malade qui ne peut aller à la crèche.

Comme je passe mes journées à raconter des histoires à petit fils, je vais vous en conter une. Mais avant de revenir à Nantes, parlons de Luçon avec une adresse pour une bonne et belle chambre d'hôtes ... (sans parler des petits déjeuners "Extraordinaires") ...  dans

Demeure Valeau du Rivage

chez Isabelle et Olivier CLINE
58 Rue du Port - Luçon - 85400
Tel: 02 51 30 93 10

Lu_on___Deumeure_Valeau_du_Rivage

Luçon autrefois se prélassait au bord de l'océan,... puis l'océan s'est retiré la laissant au milieu de terres et de marais au X ème siècle, à part cela, ce fut le diocèse de Richelieu. Vous pourrez voir sa chaire peinte dans la cathédrale. Luçon c'est aussi le lieu de la dernière bataille des chouans. 

Mais Luçon c'est aussi le nom d'une île aux Philippines où en 1688 fut envoyé un missionnaire jésuite originaire de Brno en Moravie le dénommé George Joseph Kamel (1661-1706).

Comme beaucoup de ses confrères, il étudiait les fleurs des pays lointains où son ministère l'avait conduit et espérait trouver plus particulièrement l'origine du théier.

En effet, depuis un certain temps les botanistes recherchaient l'origine de l'arbuste dont ils recevaient les petites feuilles séchées qui firent tout de suite fureur en Angleterre. Venant de Chine, elles étaient très onéreuses, aussi les anglais essayaient-ils par tous les moyens d'obtenir des pieds pour les cultiver en Occident.

Or à chercher le théier aux Philippines, au Japon et en Chine notre missionnaire trouva un arbuste appartenant au même genre et très proche

LE CAMELLIA

En 1700 il envoya vers l'Europe des graines qui donnèrent des arbustes que notre cher Carl von Linné baptisa du nom du missionnaire découvreur. Il est fort probable que c'est de ce premier envoi de graines que naquit le Camellia que l'on pouvait encore admirer en 1900 dans le parc royal de Pillnitz en Saxe.

Comme ce Camellia (Japonica) n'était pas le Théier Camellia (Sinesis) on en fit si peu cas que les premiers camellias à fleurs simples rouges plantés au Jardin des plantes à Paris vers 1730 périrent faute d'entretien. (Ah! ce côté pécuniaire qui gâte tout !!)

Camellia_japonica

Il fallut attendre bien plus tard, soit 1792, pour qu'arrivent en Europe d'autres variétés rouges blanches et panachées à fleurs doubles collectées par les agents de la Compagnie des Indes. Toujours avec la Compagnie des Indes vers 1811 il y eut le Camellia de Canton légèrement parfumé (Camellia Sasangua), puis en 1822, le Camellia (Reticulata) à fleurs roses semi-doubles.

L'intérêt pécuniaire oublié, on trouva " enfin" à ses arbustes à fleurs des qualités décoratives.

De 1820 à 1840 ce fut la course chez les horticulteurs à qui feraient les plus belles nouvelles hybridations.

Or, c'est à Nantes (grâce à son climat doux et humide) qu'il y eut et qu'il y a toujours dans son jardin botanique une très belle collection de camellias. Je dirai même mieux : "collection unique en Europe" avec plus de 300 variétés.

Mais tous ces camellias arrivés en Europe venaient de jardins cultivés depuis plus de mille ans en Extrème Orient,... il fallut attendre 1920 et George Forrest pour que soient découverts des Camellias sauvages dans le Yunnan (Chine).

Le Camellia à fleur double fit fureur au milieu du XIX ème siècle (Traviata et Dame aux Camelias d'Alexandre Dumas), puis il fut remplacé dans le coeur des dames par les orchidées.

Qu'il soit simple ou double, il ne tient qu'à vous d'en relancer la mode.

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24 janvier 2009

E L L E :

Je ne pouvais vous abandonner sans vous laisser un peu de lecture botanique-peinture.

Busbecq
Augier Ghislain de Busbecq

Elle
était si belle, si surprenante qu'elle figura d'abord dans ses écrits avant de se retrouver dans sa valise diplomatique.

Monsieur l'Ambassadeur du Saint Empire Romain Germanique auprès de la Sublime Porte était tombé sous son charme. Augier Ghislain de Busbecq était en poste de 1552 à 1562 en Turquie lorsqu'il fit parvenir à l'empereur Ferdinand 1er afin qu'elle embellisse les jardins impériaux de Vienne des bulbes de cette plante

LA TULIPE ou KABA LALE

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Tulipes et une mouche ichneumon dans le livre Mira Calligraphiae Monumenta illustré par Joris Hoefnagel 1590

Cette fleur était célébrée par les poètes persans dès le XIII ème siècle : dans le Gulistan Mocharrif al-Din parlait d'un jardin imaginaire où fleurissaient tulipes aux vives couleurs et roses odorantes, dans une chronique turque de 1389 on comparait le champs de bataille couverts de têtes et de turbans jaunes et rouges à un immense jardin de tulipes.

tulipe_11

On sait aussi qu'elle était cultivée dès 1451 dans les 12 jardins (entourant le palais de Topkapi Saray) dessinés par le sultan Mehmet II (1451-1481) et entretenus par 920 jardiniers qui avaient également la charge des vergers et potagers. Sous le règne de Soliman de Magnifique (1520-1566) elle devint partie intégrante de la culture ottomane. Le guerrier jardinier Mohamed Babur lors des différentes conquêtes créa de nombreux jardins dans lesquels il plantait en autres des tulipes. L'empire ottoman s'étendant de la Crimée à l'Egypte, couvrant une partie des Balkans, allant de l'Afghanistan et l'Inde... on imagine l'étendue de ce jardin de tulipes. On retrouvait encore cette fleur des robes de brocart de Soliman le Magnifique aux chanfreins de son cheval, aux poteries, aux carrelages, aux tapis.

En 1574 le sultan Sélim II, passionné de jardinage, avait demandé au préfet d'Aziz (Azaz en Syrie) de lui envoyer 50 000 bulbes pour les jardins impériaux de Constantinople tandis que 300 000 autres bulbes étaient acheminés depuis Kéfé (Féodosia en Ukraine).

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Conrad Gessner

En 1559 le naturaliste suisse Conrad Gessner dans le jardin du conseiller Herwart à Augsbourg faisait une description d'une tulipe rouge comme une importante découverte si bien qu'elle portera son nom T. Gesneriana L. (Linné).

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Charles de L' Escluse

Mais le maître en la matière de tulipes fut Charles de L 'Escluse. Né à Arras le 18 février 1526, appartenant à une famille noble des environs d'Armentières, il était un de ces hommes complets de la Renaissance auquel nulle science n'est étrangère. Notre homme parlait le latin et le grec mais aussi l'allemand, l'espagnol et l'italien. Il avait fait des études de droit en Belgique puis de médecine et de botanique à Montpellier. Il avait beaucoup voyagé allant de la Suisse au Piémont, à l'Espagne et en Angleterre en quête de plantes inconnues, rassemblant toutes les informations sur les espèces exotiques. Sa renommée était telle qu'il fut appelé en 1573 à Vienne par Maximilien II (fils et successeur de Ferdinand Ier) pour rénover les jardins impériaux et y introduire de nouvelles espèces comme la tulipe qu'il avait été le premier à décrire.

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Tulipe et Poire de JorisHoefnagel 1590

Aussitôt nommé il prenait contact avec le successeur d'Augier Ghislain de Busbecq, le baron von Ungnad. Le courrier diplomatique apporta ainsi de Turquie la fritillaire impériale, en 1576 le premier marronnier, puis le jasmin à fleurs jaunes ainsi qu'une nouvelle tulipe certes moins haute et moins grande mais si belle puisque rose bordée de blanc avec des étamines violet pourpre. En 1575 Charles de l'Escluse avait fait parvenir au Jardin Botanique de Leyde en Hollande les premières graines de tulipes ce qui par la suite devait entraîner non seulement une vocation floristique de la Hollande mais aussi des spéculations effrénées de 1634 à 1637.

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Tulipe dans un kendi 1637 Dirck Van Delen (1604-1671)

Si un tableau d'un des plus grands peintres hollandais représentant des tulipes valait moins de 5000 guilders,... un bulbe pouvait atteindre 5400 guilders, soit 5 ans de salaire moyen d'un maçon à Amsterdam  ! Incroyable d'autant que ces bulbes de tulipes avaient la surprenante capacité à refleurir avec d'autres couleurs plumetées ou flammées de dessins compliqués les années suivantes. (On découvrira en 1920 que ces changements étaient dus à un virus véhiculé par des aphidés ou pucerons.)

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Jan Bruegel l'Ancien

C'est à Montpellier que les premières tulipes fleuriront en 1598.

Charles de l'Escluse devait également introduire en France le jasmin odorant à grandes fleurs qui, s'il était originaire d'Extrème Orient venait d'Espagne où il était déjà acclimaté (jasmin que nous retrouvons surtout à Grasse pour la parfumerie). Idem avec le Canna déjà cultivé en Espagne alors que cette plante était originaire d'Amérique du Sud.

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Mais, ce qui en surprendra sûrement certaines, c'est qu'il fut le premier à préconiser la culture de tubercules introduits par les conquistadores espagnols nommés "Papas des Péruviens" plus tard rebaptisés Pommes de Terre.

Tulipe_1

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01 janvier 2009

1er janvier avec Philibert Commerson

Mes meilleurs Voeux pour 2009

et

Suite de l'histoire de Philibert Commerson, notre homme de coeur.

Commerson_Philibert_1727_1773

La ville de Châtillon les Dombes peut s'enorgueillir d'être le lieu où naquit le 18 novembre 1727 Philibert Commerson.  Son père, notaire du lieu, le poussa en vain à prendre la suite de sa charge, notre homme préférant partir faire des études de médecine à Montpellier. Si, il revint muni d'un diplôme il revint également avec une vive passion
La Botanique.
Dans son jardin de Châtillon il herborisa avec quelques plantes volées ça et là dans les jardins de la faculté de Montpellier (au grand dam de ses professeurs!). Il put ainsi constituer l'un des plus beaux herbiers de France tout en correspondant avec les sommités de son temps que ce soit de Linné à Bernard de Jussieu.
Marié, avec un enfant mais aussitôt veuf, il vint à Paris où on lui proposa d'être le botaniste d'une expédition, ce qui accepta d'autant plus volontiers qu'il connaissait le commandant des navires,
Louis-Antoine de Bougainville.

Louis_Antoine_de_Bougainville___Portrait_par_Jean_Pierre_Franquel

L-A de Bougainville par Jean-Pierre Franquel

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Le 15 novembre 1766, la ville de Nantes vit s'éloigner vers le large les navires "La Boudeuse" et "L'Etoile". Ces derniers allaient aborder le 31 janvier suivant la ville de Montevideo. Dès l'escale, notre botaniste secondé par une altesse, le jeune prince de Nassau-Siegen, passionné de voyages et de sciences naturelles, se mirent à herboriser.
Philibert Commerson était également accompagné d'un drôle de valet.
Jeanne_Barre

Dans les jardins voisinant la ville de Rio de Janeiro il fit sa première découverte, une liane à fleurs éclatantes à qui notre homme au grand coeur donna, en signe d'amitié et de reconnaissance, le nom de Bougainvillea.

Bougainvill_es

Puis poussés par les vents, après avoir traversé le redoutable détroit de Magellan, les navires arrivèrent en avril 1768 dans des îles dont les habitants avaient tout de "ces bons sauvages" dont parlaient les philosophes de l'époque. Ces lieux paradisiaques furent baptisés par Bougainville "La Nouvelle Cythère". Aussitôt découverts ils furent annexés au nom du Roi de France.

Nvelle_Cyth_re

Cet archipel, par la suite, devait prendre le nom de Tahiti.

Si pendant plus d'un an les compagnons de traversée ne s'étaient posé des questions sur le valet de Commerson,... les Tahitiens, eux, s'aperçurent très vite que ce valet avait tout d'une femme.

Cette jeune femme du nom de Jeanne Barré était une bretonne rentrée au service de Philibert peu après son veuvage pour s'occuper de son fils de deux ans. Elle s'était passionnée au point d'être excellente en botanique.

Comment se séparer d'une telle assistante au moment de partir en expédition ?

Jeanne Barré fut ainsi la première femme à faire le tour du monde.

Epuisé par ce grand voyage, Philibert Commerson se fit débarquer en décembre 1768 à l'Ile de France, actuelle Ile Maurice. Là, il aida l'intendant Pierre Poivre, également botaniste, à enrichir le magnifique Jardin de Pamplemousses qu'il y avait créé.

collage_Ile_Maurice

En 1770 Louis XV chargea Commerson d'aller explorer les richesses végétales de Madagascar. L'endroit était le paradis des botanistes. "Voilà véritablement la terre promise pour les naturalistes." Il y fit de nombreuses découvertes. Rentré à l'Ile Maurice, ce fut pour apprendre que son ami Pierre Poivre devait rentrer en France. Il se proposa de l'accompagner voulant ainsi faire état de ses découvertes. Malgré sa santé déplorable il donna ses dernières forces dans la mise en ordre de toutes ses notes.

Toujours homme de coeur, il voulut remercier Jeanne Barré de son aide en créant le genre Baretia.

Si on ne sait ce qu'est devenue Jeanne Barré, hélas, une chose est certaine,

Philibert Commerson mort (ce, dès le 13 mars 1773)... ses confrères botanistes n'acceptèrent point cette appellation.

Les Baretia devinrent les Quivisia connus sous les noms de Bois de Café marron ou Bois de Quivi.

quivisia

Pour en savoir plus sur Jeanne Barré cliquez sur ce lien

http://amis.univ-reunion.fr/Conference/presentation/288/

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30 décembre 2008

Philibert Commerson et l'Hortensia

Ce tableau de Joséphine de Beauharnais pourrait vous induire en erreur puisque figure sur la droite un Hortensia dans le pot.

jos_phine_hortensia

Non, ce n'est pas en souvenir de sa fille, la belle reine Hortense, que ce nom fut donné à cette plante.

Hortense

Rien à voir non plus avec la Bretagne où l'Anjou,
L'hortensia étant originaire de Chine.

Si, 1790 est la date officielle de l'introduction de l'Hortensia en Europe puisque le premier pied fut planté dans les jardins de Kew près de Londres par Sir Joseph Banks,...
dès 1768 notre botaniste "français" Philibert Commerson, médecin et naturaliste (de l'expédition Bougainville 1766-1769) en avait pris des échantillons qu'il avait fait parvenir au Jardin du Roi de Paris (notre Jardin des Plantes actuel).
Il nomma ce genre jusqu'alors inconnu Le Pautia, puis lui attribua un nom plus gracieux d'Hortensia.
Pendant longtemps on pensa que ce nom venait du prénom de l'épouse du célèbre horloger du roi Jean-André Lepaute.
Jean_Andr__Lepaute
Jean-André Lepaute
Nicole_Reine_Lepaute
Nicole-Reine Lepaute

Hommage à cette femme savante peut-être ?
Oui et non !
Non, cette dame est née "Nicole-Reine" Etable de Labrière, en 1723 au palais du Luxembourg où logeait son père qui était au service de la reine d'Espagne. Donc rien à voir avec le prénom Hortense.
Mais qui était cette dame ?
Elle avait fait la connaissance des deux frères Lepaute venus au Palais du Luxembourg pour installer un nouveau type d'horloge, puis avait épousé l'un d'eux : Jean-André. Le jeune couple rencontra l'astronome Jérôme Lalande qui avait obtenu un observatoire proche du palais du Luxembourg, et, ce dernier devenu commissaire de l'Académie des Sciences poussa Jean-André (devenu Horloger du Roi) à construire des pendules astronomiques. Nicole-Reine débuta les mathématiques en calculant des tables d'oscillations du pendule pour le "Traité d'Horlogerie" publié par son époux à Paris en 1755.

collage_Lepaute

En 1757 Lalande proposa l'aide de Madame Lepaute au mathématicien Alexis Clairaut pour leurs calculs sur la date du prochain passage de la comète que l'astronome anglais Edmond Halley prévoyait fin 1758 début 1759.
Leurs travaux dans le cadre de la théorie de Newton de la gravitation furent présentés à l'Académie des Sciences avec une prévision pour un retour pour la mi avril 1759, soit une exactitude à un mois près. Dans la publication "Théorie des Comètes" Alexis Clairaut oubliera le nom de Madame Lepaute dans la liste des personnes l'ayant aidé pour tous les calculs !
On attribue à Madame Lepaute les calculs pour le passage de Vénus devant le disque du Soleil de 1761. Elle publiera plusieurs mémoires et sera élue à l'Académie de Béziers. Elle publiera également pour l'éclipse annulaire du Soleil du 1er avril 1764 une carte de visibilité quart d'heure par quart d'heure pour l'Europe entière.
Cette femme savante, devenue aveugle, décèdera à Saint-Cloud le 6 décembre 1788 à 66 ans.

Alors, me direz vous ?

Oui, pourtant c'est bien en pensant à cette savante que Philibert Commerson donna ce nom à cette plante, mais pour une raison bien plus touchante.
Par ce geste, Philibert Commerson avait voulu quelque peu la consoler de la perte d'une fille qui s'était éteinte à la fleur de l'âge.
Le genre Hortensia devait disparaître, lui aussi, quarante ans plus tard lorsque Candolle reconnut que les hortensias asiatiques avaient de très proches parents dans les Hydrangea d'Amérique du Nord. L'Hortensia avait cessé d'être un genre et même une espèce, il devenait Hydrangea macrophylla "Hortensia" !

En cette année 2008 qui disparaît,
à défaut de pouvoir vous offrir le diamant Hortense,
Hortense_diamant
permettez moi de vous offrir ces fleurs d'Hortensia pour
2009

Hortensia


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30 juillet 2008

Les vacances d'un arrosoir

Mon arrosoir


rêve ...


de vacances.


Mais quand on est à la retraite...
on est en vacances toute l'année !

A toutes et tous,
Merci infiniment
pour tous vos gentils messages laissés jusqu'à ce jour,
et,

A toutes celles et tous ceux qui vont partir en août,
Je vous souhaite
du ciel bleu, du soleil, de douces températures,
de merveilleux souvenirs, de belles photos,
en deux mots,

"Bonnes Vacances"

Blog_en_pause

 

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29 juillet 2008

Premières fleurs chez les Clématites !

Le coup du parasol sur une clématite a fait son effet, elle grandit tranquillement à l'abri des brulures du soleil et des petites fleurs pointent leurs bouts de pétales.
Vous allez dire tout cela pour ces ridicules petites fleurs bleues !
Et bien oui!

Mais sous prétexte que l'été est bizarre, que leur calendrier de floraison est complètement perturbé par ce temps plus que variable, je ne peux les abandonner sur un parking d'autoroute comme on le fait pour les grands-mères ou les chiens dès qu'il y a un problème.

clematite_1

cl_matite_2

Donc je bichonne ma Clematis Viticella.
Pour les autres,...
ces demoiselles poussent doucement cette année!
Pour les Jackamnii, les Nelly Moser, la Vyvyan Pennell : toujours pas de fleurs.

collage_cl_matites

Juste pour le plaisir un peu d'histoire sur les clématites.

La clématite indigène en France est la Clematis Vitalba. C'est celle qui habille les haies et les arbres, elle est aussi nommée clématite des haies ou clématite aux gueux. Avant le milieu du 19ème siècle on cultivait que des clématites botaniques récoltées à travers le monde. La première clématite a avoir été introduite en Grande Bretagne venait d'Espagne c'était la clématite Viticella avec ses nombreuses petites fleurs violettes produites à la fin de l'été et à l'automne.
Cette demoiselle est arrivée pendant le règne de la reine Elisabeth 1er. Les voyages devenant de plus en plus sûrs d'autres espèces suivirent. La clématite Integrifolia arriva de Hongrie en 1573, la clématite Cirrhosa des Iles Baléares en 1590, la clématite Recta du sud-est de l'Europe en 1597. Puis vinrent les clématites Flammula et Orientalis puis Alpina.

Les clématites à grandes fleurs furent originaires de Chine. La première arriva dans le jardin de John Forthergill à Upton en 1776. Il s'agissait d'une forme double de la Clematis Florida.
Le Japon et la Chine étaient bien en avance sur l'hybridation des clématites.

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Clematis Florida du Botanist's Repository (1797-1815) écrit et illustré par Henry Charles Andrews

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Clematis Florida "Bicolor" du Botanical Register 1838 illustré par Sarah Ann Drake

Le Japon étant fermé à l'Occident depuis 1630 seuls trois botanistes avaient pu y pénétrer : Engelbert Kaempfer vers 1690, Carl Thunberg vers 1770 et Philipp Franz von Siebold de 1820 à 1830.
Les autres botanistes durent attendre 1853 que le commodore américain Perry force ce pays à ouvrir ses ports à la marine marchande.  Débarquèrent alors les botanistes Robert Fortune, John Gould Veitch qui exportèrent les premières clématites du Japon.

Siebold envoya du Japon la forme "Bicolor" (clématite hybride) en 1837 alors que sa forme sauvage ne fut découverte qu'en 1880.
Les clématites Montana et Patens arrivèrent vers 1830 date à laquelle en cette moitié du 19ème siècle commença un vaste programme d'hybridation en Occident.

Le pépiniériste anglais E.G. Henderson produisit vers l'année 1830 les premières clématites hybrides à grandes fleurs mais c'est Georges Jackman des pépinières Jackman dans le Surrey en Angleterre qui finit par occuper le devant de la scène en 1862 :

La clématite x Jackmanii était née.

Dans "The Clematis as a Garden Flower" de 1872 Georges Jackman énumérait 178 espèces et cultivars de clématite. La clématite X Jackmanii a donné son nom à un groupe de clématites qui ont les mêmes habitudes de floraison.

Vous rêver d'en avoir une, alors il ne faut savoir qu'une seule chose toutes les clématites poussent dans n'importe quel sol du moment qu'il est riche et humide.

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27 juillet 2008

Quelques roses (5)

Beaucoup sont en vacances mais pour celles qui restent :
ce billet sur les roses.
Bon dimanche à toutes.

Pas un épanouissement ne se ressemblait. Les roses avaient des façons d'aimer. Les unes ne consentaient qu'à entrebâiller leur bouton, très timides, le coeur rougissant, pendant que d'autres, le corset délacé, pantelantes, grandes ouvertes, semblaient chiffonnées folles de leurs corps au point d'en mourir.

Il y en avait de petites alertes, gaies, s'en allant à la file, cocarde au bonnet ; d'énormes crevant d'appas, avec des rondeurs de sultanes engraissées ; d'effrontées, l'air fille, d'un débraillé coquet, étalant des pétales blanchis de poudre de riz ; d'honnêtes, décolletées en bourgeoises correctes ; d'aristocrates, d'une élégance souple, d'une originalité permise, inventant des déshabillés.

Les roses épanouies en coupe offraient leur parfum comme dans un cristal précieux ; les roses renversées en forme d'urne le laissaient couler goutte à goutte ; les roses rondes, pareilles à des choux, l'exhalaient d'une haleine régulière de fleurs endormies ; les roses en boutons serraient leurs feuilles, ne livraient encore que le soupir vague de leur virginité."

Emile Zola "La faute de l'Abbé Mouret" 1875

En somme, nous aimons les roses car elles sont notre miroir.

Comme je ne peux passer devant une pépinière et revenir les mains vides.
Voici le petit nouveau que nous allons tester.
Le rosier
"Thérèse Bugnet".

Th_r_se_Bugnet_1

Il est issu d'un rosier Rugosa même s'il ne lui ressemble pas, il est très résistant aux maladies.
Ayant été conçu en 1950 au Canada il n'aura aucun problème avec les hivers rigoureux de ma région.
Il est agréablement parfumé, mesurera jusqu'à 1m80 et cohabitera très bien avec les rosiers anciens.Autre avantage, ce rosier étant très remontant, il fleurit jusqu'à l'automne.

Les roses sont doubles, d'un diamètre de 10 cm et d'un rose plus clair que le rosier "Belle Poitevine" dont le rose tire plus sur le magenta.
Les pétales roses sont froufroutants, on les dirait légèrement fripés.

Comme le dit si bien Emile Zola avec leurs pétales "chiffonnés" mes nouvelles roses doivent faire partie des roses "folles de leurs corps" !


collage_Th_r_se_Bugnet

Son bois teinté de pourpre en hiver serait parait-il très beau.
Peut-être l'occasion de faire des clichés intéressants.

Quand je pense que le premier églantier (rosier gallica) ancêtre de mon rosier remonte au XII ème siècle avant Jésus-Christ. Quel chemin parcouru pour arriver à une telle perfection.

Mais que cela ne vous empêche pas en fin d'été de récolter lors de vos promenades les cynorhodons de la rose des Alpes, de l'Eglantier des Champs ou encore du Rosier des Chiens pour de savoureuses confitures.

Lorsque les "gratte-cul" ont le bout noir on peut les récolter, couper l'extrémité noire, puis couper les fruits en deux et avec une plume d'oie (ou un objet fin, long et pointu) enlever les graines et tous les poils. Peser votre récolte et prévoir le même poids en sucre. Laver les cynorhodons, les mettre dans un récipient et couvrir d'eau (un peu plus que le niveau de vos fruits) cuire entre 20 minutes à 30 minutes puis passer au moulin à légumes très fin pour retenir les derniers poils (ou mixer longuement). Maintenant ajouter le sucre, un jus d'un citron et une gousse de vanille et faire cuire comme pour une confiture normale.

Et si vous aimer les rosiers sauvages je vous signale les pépiniéristes Loubert près de Saumur très précisément à Les Rosiers sur Loire. Ils ont la plus belle collection privée.

rosa_canina_blondeana_accueil

Voici une des photos de leur site: http://www.rosesloubert.com/

 


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24 juillet 2008

Quelques roses (4)

"Sourire d'Orchidée"
Ce rosier est une création de Paul Croix de 1985
dont les pépinières se trouvent à quelques kilomètres de chez moi
c'est à dire à Bourg-Argental tout près de St Etienne dans la Loire.
Chez lui il y a une haie de Sourire d'Orchidée à vous faire pâlir d'envie.

Ce rosier est magnifique, d'une fraicheur tant dans la fleur que dans son parfum.
Il est arbustif ou petit grimpant, il convient pour tous les sols et s'harmonise très bien avec les rosiers anciens. Il n'a que des qualités.
Il donne des profusions de bouquets larges aux fleurs au ton blanc nacré teinté de reflets roses.
Il pousse vite et il est très très remontant.
Je vous l'ai dit,... un vrai plaisir que ce rosier.

Si ce rosier résiste à tout chez moi et qu'il y est heureux alors que la terre est sablonneuse, les hivers longs et rigoureux, les étés plutôt secs (sauf cette année!)
c'est qu'il pourra s'adapter encore mieux à votre jardin.

collage_Sourire_d_Orchid_e

Les boutons sont d'un beau rose saumoné.

Sourire_d_Orchid_e_6

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23 juillet 2008

Quelques roses (3)

New Dawn
Ce rosier est né en 1930

collage_New_Dawn

C'est un rosier avec peu de feuillage, il a des fleurs d'un rose pâle nacré elles ont un parfum sucré. Il convient très bien pour les arches. Il est d'autant mis en valeur qu'il est accompagné d'une clématite.
Cette année pas de chance ces dames sont très très en retard pour la photo.
La grosse chaleur après un mois de pluie,... cela ne leur a pas plu du tout. Certaines ont carrément grillé et refont seulement maintenant des feuilles à l'abri de parasols.


new_dawn_2

C'est un très bon remontant si on n'oublie pas de couper les roses fanées.


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