26 juin 2009
De Corday d'Armont

La mort de Marat par David
Le 13 Juillet 1793 à 19h30 Marat meurt assassiné.
La mort de Marat par Jean-Jacques Hauer Musée Lambinet Versailles
Assassinat de Marat par Jean Joseph Weerts 1886 Musée Art et Industrie Roubaix
Assassinat de Marat par Louis Brion de la Tour Musée Lambinet Versailles

Marat assassiné par Paul Baudry
Arrestation de Charlotte Corday par Henry Scheffer Musée Lambinet Versailles
Autre tableau de Scheffer Henry au Musée Lambinet
Si vous recherchez le portrait de
Marie Anne Charlotte de Corday d'Armont
il serait fort dommage de vous arrêter à celui de Louis Bréa fourni par Wikipedia.
Les peintres Brard et Louis Bréa qui étaient à Paris à cette date suivirent la charette de la condamnée, pas à pas, crayon à la main jusqu'à l'échafaud. Alors qu'un orage bref mais violent venait d'éclater, elle portait la chemise rouge des parricides, les cheveux coupés très courts sous son bonnet, il est surprenant de la voir si calme allant à la mort. Alors que les rayons rouges du soleil perçaient les arbres des Champs Elysées lorsqu'on montra sa tête à la foule on cru la voir rougir à la suite du soufflet que venait de lui donner le charpentier assistant du bourreau.

Sur cette peinture d'un anonyme il n'est guère meilleur,
tandis que le portrait fait par Greuze sur une miniature est plus attrayant.
Celui publié en 1904 avec le turban est peu vraisemblable.

Celui-ci est de la même veine que celui de J.J. Weerts tt en haut.
Au musée de Tours vous pouvez voir un portrait posthume exécuté d'après un croquis pris sur le vif par August Friedrich Oenlenhainz (photo ci-dessous).
Charlotte Corday par Jean Michel Moreau Musée Lambinet Versailles
Arrestation de Charlotte Corday par Louis Léopold Boilly Musée Lambinet Versailles
Ou encore cette suite de portraits anonymes.

Charlotte Corday le 17 juillet 1793 par J-J Hauer Musée Lambinet
Mais celui qui est le plus touchant c'est celui que fera le peintre Jean-Jacques Hauer.
Ce portrait commencé dans la salle d'audience fut poursuivi à la Conciergerie durant les deux dernières heures qui restaient à vivre à Marie Anne Charlotte de Corday d'Armont.
Il a peint également un second portrait en pied où elle écrivait ses dernières lettres à son père avant de monter à l'échafaud le 17 juillet 1793 à 17h sur la place de La Révolution (actuelle place de la Concorde). 
Charlotte Corday le 17 juillet 1793 par JJ Hauer Musée Lambinet Versailles
Celui-ci étant attribué à Eugène Bataille Musée Lambinet Versailles
Lithographie de François Seraphin Delpech
12 juin 2009
La Bombe Camargo

Bombe glacée dont le moule doit être chemisé à la glace au café, et l'intérieur garni de glace à la vanille
disait le grand cuisinier Escoffier.
Le nom de cette douceur :
La Bombe Camargo.
De quoi faire des pointes et raccourcir sa jupe
Tout comme La Camargo.
Comment vous ne savez pas qui est La Camargo !
Moi non plus.... jusqu'à il y a peu.
Il m'a suffit de parcourir un vieux livre de 1957
L'Art Culinaire Français,
pour que, à la lecture de "Bombe Camargo", ma curiosité soit piquée au vif.
Cette grande amoureuse rencontra de grands amoureux tels que
le comte de Melun, le comte de Clermont, le duc de Richelieu, le marquis de Croismare, le baron de Viomesnil, le vicomte Jumil'hac, Monsieur de Beaumont, Monsieur d'Aubigny, Monsieur de Rieux, le lieutenant Mr de Marteille, etc...
On disait pourtant qu'elle était ni jolie, ni grande, ni bien faite et contrairement à la rumeur, Grimm en 1770 le confirmera dans sa Correspondance Littéraire, elle portait bien des caleçons sous sa robe malgré la gêne dans ses cabrioles, ses entrechats, ses jetés battus. 
Elle avait de l'esprit et s'en servit pour choisir un genre remuant qui ne laissait pas le spectateur l'anatomiser et s'apercevoir de ses petits défauts dira Noverre dans ses Lettres sur les Arts Imitateurs de 1807.
Marie Anne de Cupis de Camargo,
LA CAMARGO
aux trente six quartiers, 
était issue d'une noble famille originaire d'Espagne dont plusieurs membres furent des dignités de l'Eglise mais dont le père Ferdinand vivait plus des miettes de la table du prince de Ligne.
Elle serait née à Bruxelles le 15 avril 1710 et avait commencé sa carrière de danseuse à l'âge de 10 ans à Paris avec Mademoiselle Prévost.

Sa notorité fut telle qu'elle fut peinte par Watteau, Lancret, Mme Vigée Lebrun et célébrée par Voltaire.
Ah ! Camargo, que vous êtes brillante !
Mais que Sallé, grands Dieux, est ravissante !
Que vos pas sont légers & que les siens sont doux !
Elle est inimitable, & vous toujours nouvelle ;
Les Nymphes sautent comme vous,
Et les Grâces dansent comme elle.
15 avril 2009
Elle : le 15 avril 1764
Ce 15 avril 1764, dimanche des Rameaux,
Elle, Jeanne-Antoinette,
qui avait suivi dès l'âge de 5 ans le réglement des Ursulines de Poissy (billet d'hier),
s'est éteinte à Versailles, à 43 ans.
Après Catherine et Marie de Médicis jamais aucune femme n'avait autant exercé le gouvernement des Arts. Cette grande protectrice des arts a fait la réputation de Van Loo, de la Tour, de Boucher et permis aux encyclopédistes de publier leur oeuvre.
Au plus mal depuis quelques jours cette dame avait pris grand soin de se confesser et dire au revoir à ses amis. Dès que s'échappa son dernier souffle, elle fut désabillée, parfumée et recouverte d'un seul drap. Son corps transporté sur un brancard par deux valets traversa le passage voûté de la chapelle et la Cour royale pour être ramené dans la nuit à son hôtel de la rue des Réservoirs selon la loi stricte qu'aucun mort ne pouvait rester dans le château de Versailles.
Le règne de La Marquise de Pompadour venait de se terminer en ce mois d'avril 1764.
La marquise de Pompadour par François Hubert Drouais
Elle fut veillée pendant deux jours et deux nuits. Le roi avait ordonné des funérailles ducales avec des vêpres solennelles à Notre-Dame de Versailles et aux Capucins de Paris. Le convoi devait se dérouler en deux temps : un bref parcours de l'Hôtel des Réservoirs à Notre-Dame de Versailles, puis de là, un long parcours jusqu'aux Capucins de Paris, avec en tête de la procession 42 domestiques auxquels s'ajoutaient 72 pauvres porteurs de flambeaux et derrière eux 18 cavaliers. Le mardi soir la cérémonie se déroula par un temps d'ouragan épouvantable. Louis XV au balcon du cabinet d'angle pleura à la vision du cortège venant de l'église Notre-Dame qui s'éloignait peu à peu dans l'avenue de Paris.
"Voilà les seuls devoirs que j'aie pu lui rendre. Pensez une amie de vingt ans!"
dit-il à Champlost son premier valet de chambre.
Le Roi fut bien le seul à la regretter.
L'Eglise dont la marquise fut une ennemie acharnée était enfin satisfaite de la voir disparaître.
Cette dame tuberculeuse à la beauté fanée "était une femme d'une taille au dessus de l'ordinaire, svelte, aisée, souple, élégante. Son visage était bien assorti à sa taille : un ovale parfait, de beaux cheveux plutôt châtain clair que blonds, des yeux assez grands, ornés de beaux sourcils de la même couleur, le nez parfaitement bien formé, la bouche charmante, les dents très belles et le plus délicieux sourire ; la plus belle peau du monde donnait à tous ses traits le plus grand éclat. Ses yeux avaient un charme particulier qu'ils devaient peut-être à l'incertitude de leur couleur."
Portrait de Mme de Pompadour par Charles Georges Leroy lieutenant des chasses du parc de Versailles
Vous connaissez toutes son histoire mais peut-être pas le contenu
d'une des neufs malles de robes, étoffes et dentelles
présentées lors de l'inventaire dressé après le décès de Madame de Pompadour !
"Un habit de Cour et sa jupe de satin fond blanc, broderie des Indes, une jupe de Cour de gaze d'or fond jaune, une robe de chambre et son jupon de satin rayé, une autre robe et son jupon aussi de satin rayé fond lilas rose et blanc, une autre robe et son jupon de satin rayé et brodé fond pourpre et jaune, une autre robe et son jupon aussi de satin fond rose, une autre robe et son jupon de satin rayé rose et blanc broché en chenille, une autre robe et son jupon aussi de satin rayé broché en chenille fond blanc, une autre robe et son jupon aussi de satin broché rayé fond blanc, une robe de satin blanc piqué, une autre robe et son jupon de satin blanc à bouquets détachés, une autre robe et son jupon de satin fond souci à guirlandes, une autre robe et son jupon de satin rayé fond blanc à mouches, une autre robe de satin à mouches rayée fond bleu, une autre robe de chambre et son jupon de satin fond jaune rayé, une autre robe et son jupon de satin des Indes fond blanc à bouquets peints, une autre robe et son jupon fond gros de Tours broché et rayé fond petit-jaune, une autre robe et son jupon de soie cannelée fond vert à bouquets détachés, une autre robe et son jupon de damas bleu rayé garni de blonde à bouquets détachés, une autre robe et son jupon couleur rose rayé et tigré, une autre robe et son jupon de soie cannelée et brochée, une autre robe de taffetas des Indes broché."
Archives nationales, Minutier central des Notaires
De jolies choses dont on devine la beauté grâce aux tableaux représentant la marquise.
Dans la longue liste des personnes ou maisons religieuses gratifiées de pensions ou gratifications par la marquise de Pompadour, on trouvera celle qui avait prédit à Jeanne-Antoinette (alors âgée de neuf ans) qu'elle serait un jour la maîtresse du roi, une certaine Madame Lebon sorcière de son état pour une pension de 600 L.
Tableau de la marquise de Pompadour par François Boucher
14 avril 2009
Elle
Elle connut le règlement des Ursulines.
Levé à 6 heures. Les soeurs aident les plus petites à se peigner et à s'habiller, en prenant soin de ne pas les exposer au froid. Le corset doit être lacé droit pour assurer le maintien de la taille. La première prière est dite au dortoir, devant les saintes images d'un oratoire. Ayant ajusté leur coiffe de taffetas, les fillettes se lavent le visage et les mains autour de la fontaine d'étain. Puis elles prennent leur mouchoir et leurs gants et se présentent à la maîtresse de classe qui les conduit à la chapelle pour la messe de 7 heures.
Petit déjeuner à 7h30. Une enfant de semaine a disposé cuillères, tasses et serviettes qu'elle recueille après les Grâces pendant que ses compagnes sont déjà en récréation et jouent au volant dans la cour.
La classe du matin est consacrée à la couture, à la lecture et au calcul. Les enfants raccommodent leurs habits; les plus adroites sont initiées à la broderie, d'abord avec des fils de soie, plus tard avec des fils d'or et d'argent délivrés par la soeur boursière. L'apprentissage du calcul s'appelle le JET car il se fait à l'aide de jetons.
La soeur enseigne à lire en épelant quelques lignes que les enfants suivent chacune dans leur abécédaire. La lecture en français se fait dans l'Ecriture sainte et alterne avec celle en latin de quoi comprendre les phrases du missel. Les plus grandes étudient la géographie et les rudiments de l'histoire de France d'après l'Abrégé de Mézeray.
On s'interrompt à 10 heures pour le chapelet et les litanies de Marie et l'on passe de la chapelle au réfectoire.
Pendant le dîner (le déjeuner) une grande fait la lecture. Le repas fini, on se lave les mains et se rince la bouche avant d'aller jouer. Pendant la récréation les soeurs prennent garde que les enfants ne s'échauffent pas en courant.
La classe reprend à 12h15 consacrée à l'écriture. Comme il convient que l'activité intellectuelle alterne avec le travail des mains, pour la seconde fois de la journée la classe se transforme en atelier couture. Les fillettes seront des ménagères avisées propres et soigneuses.
A 2 heures elles vont à vêpres, puis goûtent avant le catéchisme où la leçon ne dure qu'un quart d'heure de manière à éviter la lassitude.
Après souper, la communauté se retrouve à la chapelle pour l'examen de conscience et les laudes du petit office de la Vierge.
Dans cette maison où la discipline est à la fois douce et rigoureuse, Jeanne Antoinette est entourée d'affection maternelle et tendrement choyée. Rien n'a été négligé quand elle a eu la rougeole en février 1729. Le carême est aménagé pour les jeunes enfants et même ignoré si elles sont malades. Quand elles font maigre, le dîner comprend du poisson : carpe, raie, merlan, morue ou goujon. Le soir : riz bouilli et des oeufs.
En novembre 1729 elle souffre d'un rhume qui se révèle être une longue et violente coqueluche au cours de l'épidémie qui sévit à Paris et en Ile de France cette année là. Elle reste au lit au chaud pendant six semaines; on lui apporte de la soupe, du bouillon et des oeufs frais, quelquefois un quart de poulet, un peu de confiture ou de la compote.
Chez les Ursulines point d'uniforme hormis la robe
blanche et le voile de première communion dont elles ont instauré l'usage en
France. Jeanne Antoinette porte tous les jours un corset et
un fourreau d'indienne.
05 avril 2009
Ciboulette
Je suis même en mesure de te montrer
le beau réfectoire de
L'Hôtel Royal des Invalides !
Tu y serais en compagnie plus galante
que celle de tes deux compagnons d'infortune du 1er avril à la clinique de Saumur.
Hôtel Royal des Invalides
L'état de santé dans lequel se trouve mon amie Ciboulette
( en pleine guerre avec sa vésicule )
me fait penser à L'Hôtel Royal des Invalides.
C'est Henri IV en 1604 qui créa la première maison destinée à recueillir les vieux soldats estropiés à la suite des guerres :
La Maison Royale de la Charité-Chrétienne.
Afin que chacun put reconnaître ces valeureux et malheureux soldats et put leur rendre hommage,
Henri IV institua que ceux ci porteraient sur leur manteau une croix blanche de satin bordée de bleu au milieu de laquelle un écusson rond bleu bordé de blanc, avec en son centre une fleur de lys.
Marie de Médicis n'ayant pas poursuivi cette oeuvre les malheureux soldats à la rue redevinrent de pauvres gueux que seuls les prieurés ou abbayes recueillaient. A eux, en remerciement, d'avoir la charge de sonner les cloches et balayer les églises.
Richelieu reprit le flambeau et affecta en 1634 le château de Bicêtre au logement de ses soldats. Cet hôpital prit le nom de
La Commanderie Saint Louis.
A nouveau tout était à reprendre à la fin de la guerre de trente ans. Ce fut Louis XIV qui s'en chargea. Le 24 mai 1670 et en avril 1674 il fut décidé la construction d'un hôtel où tous les soldats devenus invalides durant le service du Roi seraient entretenus, les fonds étant prélevés sur les revenus des prieurés et abbayes. Il serait construit en dehors de Paris dans la plaine de Grenelle. La première pierre fut posée le 30 novembre 1671.
L'Hôtel Royal des Invalides
était né et dès l'année 1676 quelques 6000 invalides y furent ébergés. La construction en fut terminée qu'en 1706.
Cette institution royale fut exempte d'impôts, de droits de guet, de garde et de fortification, administrée par un gouverneur représentant le secrétaire d'Etat à la guerre et où les médecins et chirurgiens qui étaient nommés par le roi jouissaient des mêmes privilèges que ceux qui étaient attachés à la cour de Louis XIV.
L'hôtel Royal des Invalides eut pour architectes Libéral Bruant et Jules-Hardouin Mansart.
Et si je ne me trompe c'est
Le Général Hervé Michel Gobilliard (un ancien de Sarjevo) qui en est le gouverneur actuellement.
Alors Ciboulette qu'est ce que tu attends pour changer d'hôpital ?
16 mars 2009
Intolérance
A l'heure du café chaud et du pain d'épices
(C'est encore meilleur lorsque s'invite un bon bleu d'Auvergne - Un petit rappel : le pain d'épices est d'origine chinoise)
je vais vous conter une méchante histoire
d'intolérance face à la différence.
Ah Le XVIIème ! C'était aussi le temps des belles-mères mal contentes de leurs gendres !
En 1595, Charles baron d'Argenton (je précise bien Charles car Philippe de Comines fut également Seigneur d'Argenton), né le 8 avril 1570 épousait Magdelaine de La Chastre (ou La Châtre suivant les textes), une "Damoiselle de grande et ancienne maison" puisque fille de Gaspard Seigneur de Nançay et de Gabrielle Batarnay.
Comme cela se faisait souvent à l'époque dixit Sébastien Rouillard en 1610 dans "Les reliefs forenses",
"soit par gaillardise nuptiale ou par curiosité venant d'ailleurs, quelques dames proches parentes de l'espousée auroient eu la veuë du linceul tesmoin du congrès absolu".
En un mot, ce fut un mariage consommé.
Pendant quatre ans point de problème dans le couple de notre baron,
mais belle-maman était là !
L'influence néfaste de sa mère ajoutée à des aiguillons trompeurs d'une imagination frivole firent
que "l'esprit de la femme, pour son imbécillité, se rendit aisément susceptible d'impressions sinistres".
Toujours sans enfant, Magdelaine de La Chastre fut persuadée de l'impuissance de son mari.
Pour ce pauvre homme ce n'était que le début d'un long chemin de croix.
Poussée par sa mère, Magdelaine porta plainte à l'official de Sens qui ordonna promptement l'inspection détaillée de l'intimité du baron.
Je vous fais grâce de tous les termes exacts du constat (il y a de quoi rire cependant cela pourrait choquer de prudes lectrices !),
mais il en résulta : "bourse sans boulettes".
Le pauvre baron protesta, ce qui était caché, existait!
Il réclama le congrès. On lui refusa sous prétexte d'épargner la pudeur de cette malheureuse Magdelaine de La Chastre.
(Cela faisait pourtant quatre ans qu'il y avait congrès !)
Le pauvre accusé se tourna vers le haut primat de Lyon. Pas de chance : sentence confirmée.
Il se tourna alors vers Rome. Résultat identique.
Sans se laisser abattre l'homme entreprit une nouvelle démarche auprès du Saint-Père lui demandant de prendre l'affaire en main propre.
Le Saint-Père accepta mais Magdelaine fit "appel comme d'abus".
Autant vous dire que l'intimité du baron Charles d'Argenton était devenue célèbre et qu'elle faisait partie de toutes les conversations, suscitant une très vive polémique tant "philosophique" que "médico-légale".
L'avocat du pauvre baron un certain Du Marché fit appel à des chirurgiens, des théologiens qui apportèrent moults arguments. De son côté Charles criait qu'il était bien constitué puisqu'il avait de la barbe au menton.
(Théorie que l'on trouvait dans les écrits d'Hippocrate et d'Ambroise Paré)
Tout cela en vain, le baron Charles d'Argenton perdit son procès en 1600.
L'affaire ne faisait que commencer.
Le baron d'Argenton fit appel à l'avocat Sébastien Rouillard de Melun (auteur du Capitulaire) qui reprit les thèmes de l'avocat Du Marché. S'élevant au niveau des principes philosophiques il démontra à grand renfort de sophisme que dans la vie l'occulte a toujours un rôle à jouer.
Mais la chose jugée n'en fut pas pour autant ébranlée, et, le 3 février 1604, à 34 ans, notre pauvre baron Charles d'Argenton mourut en son château de Farcheville sans avoir été réhabilité.
Belle-Maman avait gagné. Elle avait gâché la vie de son gendre (et quelque peu celle de sa fille).
Mais la médecine légale allait enfin pouvoir résoudre ce problème.
L'autopsie de ce trop célèbre cadavre fit courir le Tout Paris.
Elle se déroula en présence de médecins, de chirurgiens ainsi que de nombreux gentils-hommes. On imagine sans peine le spectacle.
A la stupéfaction générale
"ses deux tesmoins, que la nature avoit cachés, apparurent et, estant anatomisés, se treuvèrent pleins comme ceux d'autres hommes dont procès verbal fut dressé".
A titre posthume le baron Charles d'Argenton fut déclaré puissant, tandis que la faculté de médecine de Paris admettait devoir remettre à jour certains de ses critères. Cette décision devait faire jurisprudence.
12 mars 2009
1er Mars 1562
En ce mois de Mars,
Etant dans une région protestante,
Je ne pouvais passer sous silence ce triste anniversaire.
Au XVI ème siècle sur une population de 20 millions d'habitants il y avait 2 millions de protestants, et parmi cette minorité figurait des princes du sang dont Louis de Bourbon et Henri de Navarre.
Face à eux, des familles ultra catholiques dont celle des Guises qui défendait "La Vraie Foi".
Chacune des deux parties était à la tête non seulement d'un clan mais aussi d'une armée.
Comme on peut l'imaginer les provocations entre les deux clans étaient nombreuses.
Le dimanche 1er Mars 1562, François, Duc de Guise, accompagné de sa garde personnelle pénétra dans la petite ville de Wassy en Champagne. Plusieurs centaines de protestants étaient en train de se rendre au culte dans une grange, temple improvisé, à l'intérieur des remparts de la ville.
Or depuis l'Edit de Nantes, cette minorité avait le droit de pratiquer son culte "qu'à l'extérieur" des villes.
Le Duc de Guise considéra alors qu'il y avait eu provocation et envoya trois de ses hommes.
Une dispute éclata, elle tourna très vite en affrontement. On lança des pierre avant de se barricader à l'intérieur de la grange.
Il n'en fallait pas plus pour ordonner l'assaut et le massacre.
Sur les 600 protestants retranchés il y aura 50 morts dont un enfant et 150 blessés.
François de Guise osera prétendre qu'il y avait eu massacre du fait qu'il ne pouvait entendre la messe gêné par les chants des protestants !
Ce massacre en ce premier jour de Mars de l'an 1562
marquera la première des huit Guerres de Religion
entre Catholiques et Protestants.
1.3.1562 Massacre de Wassy-sur-Blaise par les troupes du Duc de Guise
Gravure de Jacques Tortorel XVIe
28 octobre 2008
Edit de 14 h pour Dame Ciboulette
A regarder les toits on apprend différentes choses.
1° Qu'il y a bien une cynagogue sur cette place. Le clocheton en est la preuve. Mais signe visible de différentes vagues d'immigration juive au 19ème, ce que l'on découvre derrière ce clocheton c'est un fronton arrondi blanc, car il y a une deuxième synagogue (les séfarades et les ashkénazes n'ayant pas les mêmes rituels dans leur cultes).
cliquez dessus pour agrandir la photo
2° C'est qu'il y a des privilégiés qui, sur cette place parfaite, ont pu ouvrir une baie vitrée dans leur toit dans le Pavillon du Roi (qui fait face au Pavillon de la Reine ensoleillé en fin d'après midi).
Il ne faudrait pas oublier pour autant d'autres locataires de cette place :
Victor Hugo (n°6). Mais aussi notre ancien ministre de la culture Jack Lang avec ses 250m2 qu'il
nomme "C'est une maison de nains" (Certains disent avec piscine? Mais ont-ils visité?), Michel Bergé qui habite juste
au-dessus. Théophile Gauthier (n°8), Bossuet (n° 17), Le duc de Richelieu (n°21) , Alphonse Daudet (dans la cour du n°21), Georges Simenon (au r-d-ch n°21).
Certaines me diront : Et la statue équestre de Louis XIII ?
Ce n'est pas l'originale de 1639 et d'autre part elle n'est pas très belle d'autant que pour l'empêcher de plier sous son propre poids on a ajouté un tronc d'arbre sous le ventre du cheval !
Couleurs de Paris (2)
Henri IV voulut cette place bordée de trente sept pavillons ayant chacun 4 fenêtres. Elle sera achevée en 1610.
Un contemporain écrira :
"En tout le reste du monde, il n'y a point tant de maisons ensemble de même symétrie, aussi riches en dehors et par le dedans, n'y ayant que des financiers ou de grands seigneurs qui l'habitent."
Certains hôtels comportent plus d'un pavillon tandis que d'autres se prolongent en équerre où se croiseront la noblesse d'épée et les "vilains" récemment anoblis.
De Place Royale, elle deviendra Place des Vosges en 1848.


J'aimais déjà beaucoup cet endroit lorsque j'habitais Paris,
mais lors de mon dernier séjour,
je voulus plus particulièrement mettre mes pas dans ses pas.
Place Royale - Hôtel Carnavalet.
(mon escapade dans la Drôme Provençale m'ayant menée au Chateau de Grignan)
Le grand-père maternel de la future Mme de Sévigné possédait en 1660 trois parcelles de terrain sur lesquelles il construira un bâtiment dont l'entrée donnait sur la rue Royale ( rue de Birague au n° 11) et une aile donnait sur la place Royale (n°1 bis).
Dans de prochains billets je vous proposerai
les visites de l'hôtel Carnavalet et le château de Grignan.


























