Il y a peu, pour les fêtes de fin d'année j'étais à Luçon.

A tous les coups vous allez dire : "Mais ! Si nous avons bien lu ses derniers billets... elle était dans le sud !?!" Et oui en ce moment j'ai la bougeotte. Noël à la maison, fin d'année à Nantes, nouvelle année à Luçon, épiphanie à Nice, une semaine à la maison et à nouveau Nantes où je garde petit-fils malade qui ne peut aller à la crèche.

Comme je passe mes journées à raconter des histoires à petit fils, je vais vous en conter une. Mais avant de revenir à Nantes, parlons de Luçon avec une adresse pour une bonne et belle chambre d'hôtes ... (sans parler des petits déjeuners "Extraordinaires") ... dans

Demeure Valeau du Rivage

chez Isabelle et Olivier CLINE
58 Rue du Port - Luçon - 85400
Tel: 02 51 30 93 10

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Luçon autrefois se prélassait au bord de l'océan,... puis l'océan s'est retiré la laissant au milieu de terres et de marais au X ème siècle, à part cela, ce fut le diocèse de Richelieu. Vous pourrez voir sa chaire peinte dans la cathédrale. Luçon c'est aussi le lieu de la dernière bataille des chouans. 

Mais Luçon c'est aussi le nom d'une île aux Philippines où en 1688 fut envoyé un missionnaire jésuite originaire de Brno en Moravie le dénommé George Joseph Kamel (1661-1706).

Comme beaucoup de ses confrères, il étudiait les fleurs des pays lointains où son ministère l'avait conduit et espérait trouver plus particulièrement l'origine du théier.

En effet, depuis un certain temps les botanistes recherchaient l'origine de l'arbuste dont ils recevaient les petites feuilles séchées qui firent tout de suite fureur en Angleterre. Venant de Chine, elles étaient très onéreuses, aussi les anglais essayaient-ils par tous les moyens d'obtenir des pieds pour les cultiver en Occident.

Or à chercher le théier aux Philippines, au Japon et en Chine notre missionnaire trouva un arbuste appartenant au même genre et très proche

LE CAMELLIA

En 1700 il envoya vers l'Europe des graines qui donnèrent des arbustes que notre cher Carl von Linné baptisa du nom du missionnaire découvreur. Il est fort probable que c'est de ce premier envoi de graines que naquit le Camellia que l'on pouvait encore admirer en 1900 dans le parc royal de Pillnitz en Saxe.

Comme ce Camellia (Japonica) n'était pas le Théier Camellia (Sinesis) on en fit si peu cas que les premiers camellias à fleurs simples rouges plantés au Jardin des plantes à Paris vers 1730 périrent faute d'entretien. (Ah! ce côté pécuniaire qui gâte tout !!)

Camellia_japonica

Il fallut attendre bien plus tard, soit 1792, pour qu'arrivent en Europe d'autres variétés rouges blanches et panachées à fleurs doubles collectées par les agents de la Compagnie des Indes. Toujours avec la Compagnie des Indes vers 1811 il y eut le Camellia de Canton légèrement parfumé (Camellia Sasangua), puis en 1822, le Camellia (Reticulata) à fleurs roses semi-doubles.

L'intérêt pécuniaire oublié, on trouva " enfin" à ses arbustes à fleurs des qualités décoratives.

De 1820 à 1840 ce fut la course chez les horticulteurs à qui feraient les plus belles nouvelles hybridations.

Or, c'est à Nantes (grâce à son climat doux et humide) qu'il y eut et qu'il y a toujours dans son jardin botanique une très belle collection de camellias. Je dirai même mieux : "collection unique en Europe" avec plus de 300 variétés.

Mais tous ces camellias arrivés en Europe venaient de jardins cultivés depuis plus de mille ans en Extrème Orient,... il fallut attendre 1920 et George Forrest pour que soient découverts des Camellias sauvages dans le Yunnan (Chine).

Le Camellia à fleur double fit fureur au milieu du XIX ème siècle (Traviata et Dame aux Camelias d'Alexandre Dumas), puis il fut remplacé dans le coeur des dames par les orchidées.

Qu'il soit simple ou double, il ne tient qu'à vous d'en relancer la mode.

collage_camellia