Mes meilleurs Voeux pour 2009

et

Suite de l'histoire de Philibert Commerson, notre homme de coeur.

Commerson_Philibert_1727_1773

La ville de Châtillon les Dombes peut s'enorgueillir d'être le lieu où naquit le 18 novembre 1727 Philibert Commerson.  Son père, notaire du lieu, le poussa en vain à prendre la suite de sa charge, notre homme préférant partir faire des études de médecine à Montpellier. Si, il revint muni d'un diplôme il revint également avec une vive passion
La Botanique.
Dans son jardin de Châtillon il herborisa avec quelques plantes volées ça et là dans les jardins de la faculté de Montpellier (au grand dam de ses professeurs!). Il put ainsi constituer l'un des plus beaux herbiers de France tout en correspondant avec les sommités de son temps que ce soit de Linné à Bernard de Jussieu.
Marié, avec un enfant mais aussitôt veuf, il vint à Paris où on lui proposa d'être le botaniste d'une expédition, ce qui accepta d'autant plus volontiers qu'il connaissait le commandant des navires,
Louis-Antoine de Bougainville.

Louis_Antoine_de_Bougainville___Portrait_par_Jean_Pierre_Franquel

L-A de Bougainville par Jean-Pierre Franquel

bougainville_1

Le 15 novembre 1766, la ville de Nantes vit s'éloigner vers le large les navires "La Boudeuse" et "L'Etoile". Ces derniers allaient aborder le 31 janvier suivant la ville de Montevideo. Dès l'escale, notre botaniste secondé par une altesse, le jeune prince de Nassau-Siegen, passionné de voyages et de sciences naturelles, se mirent à herboriser.
Philibert Commerson était également accompagné d'un drôle de valet.
Jeanne_Barre

Dans les jardins voisinant la ville de Rio de Janeiro il fit sa première découverte, une liane à fleurs éclatantes à qui notre homme au grand coeur donna, en signe d'amitié et de reconnaissance, le nom de Bougainvillea.

Bougainvill_es

Puis poussés par les vents, après avoir traversé le redoutable détroit de Magellan, les navires arrivèrent en avril 1768 dans des îles dont les habitants avaient tout de "ces bons sauvages" dont parlaient les philosophes de l'époque. Ces lieux paradisiaques furent baptisés par Bougainville "La Nouvelle Cythère". Aussitôt découverts ils furent annexés au nom du Roi de France.

Nvelle_Cyth_re

Cet archipel, par la suite, devait prendre le nom de Tahiti.

Si pendant plus d'un an les compagnons de traversée ne s'étaient posé des questions sur le valet de Commerson,... les Tahitiens, eux, s'aperçurent très vite que ce valet avait tout d'une femme.

Cette jeune femme du nom de Jeanne Barré était une bretonne rentrée au service de Philibert peu après son veuvage pour s'occuper de son fils de deux ans. Elle s'était passionnée au point d'être excellente en botanique.

Comment se séparer d'une telle assistante au moment de partir en expédition ?

Jeanne Barré fut ainsi la première femme à faire le tour du monde.

Epuisé par ce grand voyage, Philibert Commerson se fit débarquer en décembre 1768 à l'Ile de France, actuelle Ile Maurice. Là, il aida l'intendant Pierre Poivre, également botaniste, à enrichir le magnifique Jardin de Pamplemousses qu'il y avait créé.

collage_Ile_Maurice

En 1770 Louis XV chargea Commerson d'aller explorer les richesses végétales de Madagascar. L'endroit était le paradis des botanistes. "Voilà véritablement la terre promise pour les naturalistes." Il y fit de nombreuses découvertes. Rentré à l'Ile Maurice, ce fut pour apprendre que son ami Pierre Poivre devait rentrer en France. Il se proposa de l'accompagner voulant ainsi faire état de ses découvertes. Malgré sa santé déplorable il donna ses dernières forces dans la mise en ordre de toutes ses notes.

Toujours homme de coeur, il voulut remercier Jeanne Barré de son aide en créant le genre Baretia.

Si on ne sait ce qu'est devenue Jeanne Barré, hélas, une chose est certaine,

Philibert Commerson mort (ce, dès le 13 mars 1773)... ses confrères botanistes n'acceptèrent point cette appellation.

Les Baretia devinrent les Quivisia connus sous les noms de Bois de Café marron ou Bois de Quivi.

quivisia

Pour en savoir plus sur Jeanne Barré cliquez sur ce lien

http://amis.univ-reunion.fr/Conference/presentation/288/